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BALADES Moto et Photos

Gazzz ou Le Plaisir De Vivre
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cathiawrote:
Bonjour,
Sympa l'idée des mains et des visages, les photos sont chouettes.
A bientôt.CathiaSourire
Apr. 30
Mikel PVwrote:
Genial tes photos!!!. Beaucoup de sensibilité. Felicitations 
July 23
brige brigewrote:
salut toi!
viens de découvrir ton petit mot sur mon blog, je n'y vais plus à vrai dire,,,,,,,
j'ai apprécié, c'est sympa, quand tu veux tu donnes des news  (et si tu veux!)
bises, and more, and,,,, GAZZZZZZZ
July 21
Coucou mon ti motard..Je me connecte depuis  le soleil puisque je suis à Marseille pour quelques jours et j'ai vu tes photos et tes 2 comms sur mon espace ," pu...ree" ehehehe je vais parler marseillais  que de beaux souvenirs tu ramenes...je suis contente de ton retour, et de ce partage à chaque fois de belles photos qui font rever ..Merci et à bientot ..je rentre dimanche sur versailles kissssssss 
June 14
brige brigewrote:
pti coucou de la drôme
June 3
Jackwrote:
C'est grandiose, c'est magnifique, que de souvenirs...
June 2
10/22/2005

LIBERTE

 

 J’écris ton nom LIBERTE

 

Si l’histoire avait un cours, ce serait celui de la liberté.

 

Elle sait se faire fleuve, rivière ou torrent. Toujours en mouvement, elle est la force motrice des sociétés humaines. Elle porte les évènements et les destins comme les brindilles à sa surface. Elle emprunte les chemins les plus sineux, les trajectoires les plus improbables, sans jamais cesser de couler. Elle est imperturbable.

Qu’on essaie de changer son cours, de la détourner à son profit et déjà elle se rebelle.

Mille barrages ont été dressés pour la retenir et la contrôler, mille fois elle les a vaincus.

La liberté, eau du temps, parcourt un itinéraire sans fin qui ne connaîtra jamais d’océan : son flot ininterrompu est signe de vie, il durera éternellement.

 

A la source du fleuve Liberté, on trouve parfois la nature profonde de l’homme.

La liberté est nécessaire pour s’affirmer : pour être, il faut choisir et pour ce faire, il faut être libre de ses choix.

Plus profondément, dans le cœur de chacun, la liberté est un désir.

C’est dans cet horizon infini que la liberté puise ses forces pour continuer d’avancer, dans cette espérance toujours renouvelée.

Elle demeure une réalité perfectible, un idéal vers lequel tendre, une ambition inassouvie dont on se rapproche perpétuellement.

Ainsi, l’homme se libère progressivement et brise les chaînes de son aliénation, porté par le courant de la liberté. Il vainc ses peurs primaires et invente la raison tout en se découvrant une conscience.

Il abolit l’esclavage et libère les corps.

Il détruit l’absolutisme et les totalitarismes et libère la société civile.

La liberté est partout à l’œuvre dans l’histoire.

On voit sa main dans les décolonisations qui ont laissé défaits tous les empires, qu’ils soient russes, français, anglais ou américains, face à des armées de guérillas.

Elle se lit aussi dans les progrès de la liberté de commercer, de voyager, dans l’élévation du niveau d’instruction, dans l’accès aux technologies.

Il est des révolutions silencieuses de la Liberté qui ont changé  le monde : l’émancipation des femmes et la contraception, les développements des réseaux de communication (quand ils servent l’échange et non pas le contrôle) … ce ne sont que des exemples.

 

De l’édit de Nantes à la chute du mur de Berlin, les victoires sont légions.

Aux époques plus calmes, la France fût constamment tiraillée entre des majorités contestées, soit par manque de légitimité populaire, soit par absence de stabilité. Il suffit pour s'en convaincre de considérer Louis XIV, Napoléon ou Charles De Gaulle d'une part, et les IIIème et IVème Républiques d'autre part. Dans le premier cas, les membres de la société tolèrent l'autorité du chef pourvu qu'elle s'impose à tous ; dans le second, personne ne saurait reconnaître à quiconque une prééminence quelconque.

Une telle rage d'égalité ne laisse aucune place à la Liberté.


L'espoir d'un changement subsiste tout de même, comme en témoigne le rendez-vous manqué entre la France et la Liberté lors de la Révolution. On évoque souvent avec complaisance le rôle joué par notre peuple après 1793 : mais la victoire des jacobins sur les girondins, a scellé pour un temps un pacte de sang entre la France et l'Egalité au détriment de la Liberté.

Depuis, nous ne sommes jamais parvenus à nous extraire du consensus mou dans lequel nos aïeux s'étaient progressivement enlisés.

 

D'une part la majorité de nos penseurs politiques ont justifié la subordination de l'individu à la souveraineté populaire trouvant son expression dans un Etat omnipotent et prétendument rationnel. D'autre part, notre goût de l'égalité, masquant une jalousie inavouée, décrite avec finesse par La Roche Foucauld, a conduit des individus potentiellement libres à s'agréger en masses informes et égalitaires.

On peut considérer trois familles  qui ont trois visions de la Liberté :

 

Les sensualistes considèrent la Liberté comme un besoin existentiel. Sans elle, on ne peut pas vraiment se réaliser. « Je suis libre, donc je suis » pourrait être leur devise.

La Liberté est ici une pulsion, un fluide immanent qui imprègne le moindre geste.

Pour les sensualistes, la Liberté est d'abord une sensation, certes simple, mais infiniment nécessaire. Qu'on la retire à ces hommes et ils se sentent mourir. Ils perdent alors leur muse et leur raison d'être, prêts à tout pour la reconquérir.

Dans la résistance à l'oppression, ils partent à la recherche de la Liberté perdue, ne connaissant de salut que dans l'espoir de la retrouver. Le poète résistant Robert Desnos écrivait dans Paris occupé : « je vivais non déchu, mais traqué ».
Les sensualistes sont des êtres entiers : pour eux vie rime avec Liberté. Ils n'ont pas une approche politique, philosophique ou morale de cette dernière. De telles façons de la considérer sont même tenues en suspicion par eux
: « Le seul mot qui m'exalte encore est celui de Liberté » (André Breton). On retrouve souvent les sensualistes parmi les artistes (Goya, Delacroix, Brassens, Camus et tant d'autres...) mais pas exclusivement.

 

Les révoltés sont une autre famille de la Liberté.

A la différence des sensualistes, la Liberté est pour eux un désir éternellement inassouvi et non un simple besoin quotidien.

Ils pensent la Liberté comme une recherche collective plutôt qu'individuelle et disent « nous voulons » plutôt que « je veux ».

Ils considèrent l'organisation de la société comme intimement liée au degré de Liberté individuelle et c'est pourquoi ils ressentent la nécessité d'un engagement public.

Ce dernier est souvent politique, parfois culturel. Les révoltés sont décidés à lutter contre l'oppression : leur combat est toujours celui de l'émancipation de l'Homme contre les systèmes qui réduisent sa volonté, que ces systèmes soient politiques (absolutisme, totalitarisme, despotisme, nihilisme), économiques (collectivisme, ploutocratie...), moraux (dogmes religieux, mœurs étouffantes ou morale trop rigide).

Passionnés, rebelles, la galerie des révoltés s'étend dans l'Histoire à d'innombrables personnalités : Rousseau et Voltaire, Danton, Victor Hugo et Emile Zola, Simon Bolivar et Charles de Gaulle, Jean Moulin et Nelson Mandela, Soljenitsyne et Lech Walesa, Aristide Briand et Jean Monnet... Leurs révolutions sont pacifiques ou violentes, inspirées par des idées ou au contraire en réaction et sans préméditation. Le ressort de leur action est toujours le combat contre l'oppression.

 

Mais être un héros de la Liberté est plus facile dans la révolte que dans la construction : c'est souvent là où le bas blesse.
L'Histoire regorge de « faux-héros » de la Liberté qui ont fini par dévoyer leurs idéaux initiaux : la « révolution culturelle » de Mao animait plus les intellectuels occidentaux, chauffés à blanc, que les millions de chinois emportés par cette horreur.

Se révolter ne suffit pas, encore faut-il savoir pourquoi et que faire ensuite...

Certaines idées, sous couvert de libérer, sont des allers simples pour le totalitarisme (de Karl Marx à Lénine et Staline). La Liberté a servi de prétexte à beaucoup de bouchers et d'assoiffés de pouvoirs (en Afrique par exemple, après les indépendances ou pendant la Terreur en France). La révolte est une chose utile, mais dangereuse, à ne manier qu'avec précaution.

Le désir d'une Liberté « mythique » peut renverser les montagnes, mais il peut aussi connaître les pires dévoiements.



Les légalistes sont la troisième famille de la Liberté.

A la différence du « je veux ma Liberté » des sensualistes et du « nous voulons notre liberté » des révoltés, ils préfèrent dire « nous pouvons avoir telle ou telle Liberté ».

Les légalistes ne conçoivent pas la Liberté ailleurs que dans l'harmonie des sociétés civiles et politiques, comme la désirait Tocqueville.

Elle est pour eux indissociable de l'idée de responsabilité : pas de droits sans devoirs.

La Liberté est ce qui reste une fois retirées toutes les contraintes et obligations imposées par la vie collective, autrement dit : « ma Liberté s'arrête là où commence celle d'autrui ».

Pour les légalistes, le service de la Liberté se confond avec le perfectionnement du « contrat social » afin d'aménager des espaces de Liberté toujours plus vastes à l'individu. Pour eux, c'est dans les textes de droit (traités, constitutions, lois, arrêts) que se trouve la régulation fine entre responsabilité et initiative individuelle. Les légalistes sont souvent des juristes, auteurs de constitutions (l'abbé Sieyès, Hamilton, Jefferson), défenseurs des droits civiques (Martin Luther King) mais aussi des hauts fonctionnaires ou des avocats éclairés, des hommes d'Etat soucieux de mettre la légalité au service de la Liberté.

Ils souhaitent le progrès des institutions quand ils les jugent inadaptées et sont partisans d'un ordre de liberté, symbolisé de nos jours par l'idéal « Etat de droit » et la pratique démocratique

.

Le danger de cette posture est de sombrer dans un trop grand conservatisme et de négliger l'élan vital du changement. Il se peut que des édifices juridiques patiemment édifiés au fil des décennies ou même des siècles deviennent tout à coup inutiles et même dangereux pour les libertés, allant à l'encontre des aspirations d'une société civile en pleine évolution. Il faut alors accepter la brutalité de la transition et imaginer une autre vie collective, un autre « contrat social » pour réconcilier liberté formelle et liberté réelle (le passage de la monarchie à la République par exemple, ou bien la construction européenne de nos jours).

Sensualistes, révoltés, légalistes : trois familles pour trois visions de la Liberté qui s'influencent mutuellement.

 

Si les hommes qui défendent la Liberté peuvent être très différents, aussi bien par leur niveau d'éducation, leur rang social et leur fortune que par leur caractère et leur idée de la vie, ils se retrouvent toujours unis quand leurs adversaires communs se révèlent.

« Ecrasons l'infâme » exhortait déjà Voltaire : totalitarisme, fanatisme, médiocrité et nivellement par le bas, les affres de l'égalitarisme, l'oppression rampante qui court et étouffe ceux qui n'y prennent garde.


Dans la France contemporaine, nous pourrions  nous classer  parmi les progressistes, ennemis des immobilismes forcenés.

Nous prenons le parti de « l'audace, toujours de l'audace » : libérer la société, nous libérer des contraintes pesant sur nos vies privées, libérer la parole publique, libérer la vie économique... Tous nos adversaires ne seront pas de gauche, ou de droite, mais ils seront certainement les avocats du statu quo.

Nous leur préférerons les partisans d'une société ouverte, sur ses citoyens, sur le monde et l'exigence du respect des droits fondamentaux, sur le progrès et la multiplication des choix et des chances pour chacun.

 

Mais il reste beaucoup à faire … ne nous y trompons pas !!

La liberté est souvent négligée et son influence est loin d’être planétaire. Il est cependant toujours permis d’espérer, tant l’histoire n’a jamais fini de s’écrire et la liberté de l’inspirer.

 

Encore faut-il que la liberté ne soit pas empêchée de s’épanouir. Elle rencontre toujours les mêmes démons sur sa route : certains tentent de l’accaparer pour eux seuls, soumettant ainsi le reste des hommes à leurs seules volontés ; Ils corrompent les convictions et manipulent avec habilité.

Qu’on les nomme absolutisme, despotisme, fascisme, ils sont tapis, prêts à surgir à la moindre faiblesse.

La liberté est l’ennemie du conformisme et de l’égalitarisme qui recopie les volontés à l’infini et engendre une masse informe, obscure et moutonnière…

Elle est étranglée par les systèmes trop étroits qui ne laissent plus de place à l’initiative individuelle.

C’est dans l’individu que l’égalité trouve sa force ; à lui d’être exigeant, excellent, d’emporter sa volonté d’indépendance toujours plus loin….

 

Etre libre, c’est d’abord se battre pour le rester, demeurer dans le doute, ne jamais connaître de repos dans cette bataille.

 

Le monde peut être vidé de toutes ses libertés et de ses passions les plus nobles mais aussi de ses espoirs.

Il peut ne plus être que le théâtre de deux activités pathétiques : subir et souffrir.

Nous subissons. Nous subissons d’abord notre silence.

 

Dans un monde vide, creux de tous les sens, rien n’est plus insupportable que le silence.

Son vacarme est étourdissant.

 

Comment et pourquoi réagir ?

Il est plus facile de courber l’échine.

Nous souffrons. Nous souffrons de l’absurdité des choses, de l’absence cruelle de sens qui a enveloppé nos vies.

 

Notre adversaire n'est pas un homme ou un parti, notre adversaire est une manie française : l'idéologie.

 

Le tissu complexe de la société ne saurait être régenté par l'idéologie : il n'existera jamais d'architecte social suffisamment omniscient pour planifier les « Lendemains qui chantent ».

 

Tocqueville l'avait bien compris, et de s'étonner du mouvement de formation de l'opinion dans la démocratie américaine, de comprendre, humblement, comment une société où le bonheur individuel est l'horizon final, s'érige à petits pas, progressant lentement vers l'équilibre sur une crête séparant deux totalitarismes. L'un venu d'en haut, le bon plaisir d'un grand timonier, idéologue arrogant, toujours impuissant à rattraper la réalité, l'autre forgé en bas, dans la fosse de l'égalitarisme où les hommes se plongent et se maintiennent par laisser-aller et médiocrité. Tocqueville ne disait-il pas des Français « Quand ils désirent l'égalité et qu'ils ne peuvent la trouver dans la liberté, ils la préfèrent encore dans l'esclavage... ». Ce piège, tendu par le glissement silencieux des masses, au nom d'une fausse égalité en droits, est notre ennemi ultime.

 

La liberté au 21ème siècle selon Jacques Attali

 

« D’abord le droit de manger à sa faim, d’apprendre, d’aller et de venir, de changer d’avis, de se déprendre de l’influence des autres, de choisir ses chemins et ses étapes.

Puis, de s’arrêter à sa guise, de se couper du monde, de quitter la caravane, de se débrancher.

Le droit à la solitude.

Enfin, le droit à la simultanéité de choix contradictoires. »

 

Alors naîtra l’espoir. Construire, c’est la logique de notre révolte. Nous construirons un monde conforme à nos aspirations, un monde de libertés.

 

J’aime ma liberté, intensément, passionnément.

Elle habite en moi comme une force vive, brutale, exigeante.

Elle ne souffre pas que je la contredise ou que je l’ignore.

 

« La liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir

et à n’être point contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir » Montesquieu 1758

De l’esprit des Lois, Livre fondateur des démocraties

 

 

Je suis libre.

 

                                                              ( V.A. )

 

 

 

 
8/3/2005

Une Semaine Sans Femme

 

Ma semaine sans ma femme

 

                                               LUNDI

Seul à la maison. Ma femme est partie pour la semaine. Génial !

Je sens qu'on va vivre des instants inoubliables, le chien et moi.

Je me suis concocté un emploi du temps réglé comme du papier à musique.

 Je sais exactement à quelle heure je vais me lever et le temps que je passerai dans la salle de bains ou dans la cuisine, à préparer le déjeuner.

J'ai également compté les heures qu'il me faudra pour liquider la vaisselle, le ménage, les promenades du chien, les courses et la cuisine.

Et là, surprise : il me restera plein de temps libre !

Pourquoi les femmes se font-elles une montagne de toutes ces tâches alors

qu'elles peuvent être expédiées si rapidement?

Tout est une question d'organisation.

Pour le souper, le chien et moi avons un steak chacun.

J'ai disposé une jolie nappe, une bougie et un bouquet de roses pour faire

plus intime.

Le chien a mangé de la mousse de canard en hors-d'oeuvre et aussi en plat

principal, mais accompagnée d'une farandole de petits légumes.

Et, comme dessert, des biscuits.

Moi, je me suis octroyé du vin et un cigare.

Cela faisait des lustres que je ne m'étais pas senti aussi bien.

 

                                                   MARDI

Je dois revoir mon emploi du temps : apparemment, quelques aménagements

s'imposent.

J'ai expliqué au chien que, bien entendu, ce n'est pas tous les jours fête; il ne doit donc pas s'attendre à des hors-d'oeuvre et à un service dans trois bols différents, vu que le préposé à la vaisselle, c'est moi !

En prenant mon déjeuner, j'ai noté les inconvénients du jus d'orange pressé

: ça vous oblige à nettoyer chaque fois le presse-agrumes.

A moins d'en prévoir suffisamment pour deux jours, et dans ce cas, vous avez moitié moins de vaisselle.

Ma femme a insisté pour que je passe l'aspirateur tous les jours. Pas question

Une fois tous les deux jours suffira amplement.

Il n'y a qu'à enfiler des pantoufles et nettoyer les pattes du chien...

A part ça, je suis en pleine forme.

 

 

MERCREDI

J'ai le sentiment que le ménage prend plus de temps que prévu.

Il va falloir affiner ma stratégie. D'abord, acheter des repas tout

préparés.

Cela me fera gagner quelques minutes en cuisine.

La préparation du souper ne devrait jamais être plus longue que sa consommation.

En revanche, la chambre reste un problème. Il faut s'extraire des

couvertures, aérer et enfin faire le lit. Trop compliqué !

D'ailleurs, je ne vois pas l'intérêt de faire le lit tous les jours dans la mesure où on se recouche le soir même.

Pour le chien, fini les préparations culinaires élaborées.

Au menu : pâtée en boite.

Il boude, mais tant pis. Si je peux me contenter de plats cuisinés, pourquoi pas lui ?

 

JEUDI

Plus de jus d'orange ! Comment un fruit d'aspect si anodin peut-il provoquer une telle pagaille? Désormais, j'achèterai du jus en bouteille.

 

Découverte N°1 : j'ai réussi à m'extirper du lit en défaisant à peine les couvertures. Comme ça, il n'y a plus qu'à les retaper un peu.

Bien sûr, cela nécessite un certain entraînement et on a intérêt à ne pas trop gigoter pendant la nuit.

J'ai un peu mal au dos, mais une bonne douche chaude et il n'y paraîtra plus.

J'ai cessé de me raser tous les jours. Je gagne ainsi de précieuses minutes.

 

Découverte N°2 : changer d'assiette à chaque repas est une hérésie.

Les vaisselles à répétition commencent à m'énerver.

Le chien, lui aussi, peut manger dans le même bol. Ce n'est qu'un animal

après tout !

 

Note : je suis parvenu à la conclusion que le passage de l'aspirateur ne

s'imposait qu'une fois par semaine... maximum.

Saucisses au déjeuner et au souper.

 

VENDREDI

 

Terminé le jus de fruit en bouteille ! Trop lourd à porter.

J'ai observé un curieux phénomène : les saucisses sont excellentes le

matin, un peu moins bonnes le midi et carrément infectes le soir.

Si un homme en mange plus de deux jours de suite, elles risquent même

de lui occasionner de légères nausées.

Le chien a eu des croquettes. C'est tout aussi nutritif et le bol reste propre.

J'ai découvert qu'on pouvait boire la soupe directement à la casserole.

Elle a exactement le même goût. Plus de bol, plus de louche !

Désormais j'ai moins l'impression d'être réincarné en lave-vaisselle.

J'ai cessé de passer le balai dans la cuisine.

Cela me tapait autant sur les nerfs que de faire le lit.

 

Note : laisser tomber les conserves. Ca salit l'ouvre-boîtes.

 

 

SAMEDI

A quoi bon se déshabiller le soir pour se rhabiller le lendemain matin?

Je préfère occuper ce temps à me reposer un peu.

Pas la peine non plus d'utiliser les couvertures : comme ça, le lit reste

impeccable.

Le chien a laissé des miettes partout. Il s'est fait gronder. Je ne suis

pas sa bonne !

Etrange : c'est exactement la réflexion que ma femme me fait parfois.

Aujourd'hui, rasage. Mais je n'en ai vraiment pas envie. Je suis à bout de

nerfs.

Pour le déjeuner, proscrire ce qui doit être déballé, ouvert, coupé en tranches, étalé, cuit ou passé au mélangeur.

Toutes ces corvées m'exaspèrent.

Pour le dîner, manger à même l'emballage. Sans assiette, ni couverts, ni

nappe, ni rien de toutes ces choses superflues.

Mes gencives sont un peu sensibles. Peut-être parce que je ne mange pas

de fruits : ils sont trop lourds à transporter.

C'est sans doute un début de scorbut.

Ma femme a appelé dans l'après-midi pour savoir si j'avais fait les vitres

et la lessive.

Je suis parti d'un éclat de rire hystérique.

Comme si j'avais le temps !

Malaise dans la baignoire : le siphon est bouché par des spaghettis.

Ce n'est pas si grave, puisque, de toute façon, je ne me douche plus.

 

Note : Le chien et moi mangeons ensemble, directement au frigo.

Il faut faire vite pour ne pas laisser la porte ouverte trop longtemps.

 

 

DIMANCHE

 

Le chien et moi sommes restés au lit, à regarder la télévision.

Nous avons salivé tous deux en voyant des gens faire des agapes.

Nous sommes épuisés et grognons autant l'un que l'autre.

Ce matin, j'ai mangé quelque chose dans son bol.

Aucun de nous deux n'a aimé.

Je devrais vraiment me laver. Me raser. Me peigner.

Lui préparer sa pâtée.

Le sortir. Faire la vaisselle. Ranger. Penser aux courses. Et tout le reste...

Mais, je n'en ai vraiment pas la force. J'ai l'impression d'avoir des problèmes d'équilibre et de vision.

Le chien ne remue même plus la queue.

Seul l'instinct de conservation nous à permis de nous traîner jusqu'au

restaurant, où nous avons passé plus d'une heure à manger des tas de bonnes choses dans de multiples assiettes... avant d'aller à l'hôtel.

La chambre est propre, bien rangée et douillette. J'ai trouvé la solution idéale.. Je me demande si ma femme y a jamais pensé.

 

 

 

EPILOGUE : Mesdames, juste un conseil si vous devez vous absenter : réservez deux places au chenil...

 

                                                             ( Inconnu(e) )

 
7/17/2005

ENIGME

 

 

Il n'y a pas de truc, c'est de la logique pure...

1 ‑ Il y a cinq maisons dans la rue, et chacune a une couleur différente.

2 ‑ Dans chaque maison habite une personne de nationalité différente.

3 ‑ Chacune de ces personnes a une boisson préférée, une marque de cigarettes préférée et un animal domestique.

4 ‑ Aucune de ces personnes ne boit la même boisson, ne fume la même de cigarettes et n'a le même animal que son voisin.

 

QUESTION: A qui appartient le poisson ?

 

INDICES:

 

è  L'anglais habite la maison rouge.

è  Le suédois a un chien.

è  Le danois aime boire du thé.

è  La maison verte est à côté de la maison blanche.

è  Le propriétaire de la maison verte boit du café.

è  La personne qui fume des pall mall a un oiseau.

è  L'homme qui habite dans la maison du milieu boit du lait

è  Le propriétaire de la maison jaune fume des dunhill.

è  Le norvégien habite dans la première maison.

è  Le fumeur de marlboro habite à côté de celui qui a un chat.

è  L'homme qui a un cheval habite à coté de celui qui fume des dunhill.                          

è  Le fumeur de winfield boit de la bière.

è  Le norvégien habite à coté de la maison bleue.

è  L'allemand fume des rothmans.

è  Le fumeur de marlboro a un voisin qui boit de l'eau.

 

C'est Einstein qui a rédigé cette énigme.

Il prétendait que 98 % de la population mondiale n'était pas en mesure de la résoudre.

 

 

… tu as une semaine pour plancher sur la question !

 

 

 

7/4/2005

PLAIDOYER POUR LES MOTARDS

En pleine canicule dans votre voiture coincée dans un embouteillage :

 

Mettez un casque intégral, bottes gants, pantalon épais et vestes contenant toutes les protections d’usage !

 

Et pour finir, mettez le chauffage à fond, orienté dans les jambes.

 

Laissez tout de même les vitres baissées.

 

Si vous tenez plus de dix minutes sans tomber dans les pommes, je comprends que vous ne laissiez pas passer les motards !

 

Par contre si vous avez les jambes qui commencent à trembler, si vous avez la transpiration qui vous dégouline dans les yeux, si vous avez les bottes qui se remplissent de sueur, ALORS là, serez bien votre droite, ayez la COURTOISIE de laissez passer les motards qui remontent la file.

 

MERCI POUR EUX

 

 

                                                                   Ded

PRUDENCE

Cela faisait longtemps que je n’avais pris ma voiture pour faire un long parcours !

 

Ma caisse : un vieux Santana de 145000 bornes.

Je fais 15 000 km / an à moto et tout juste 1 000 km en bagnole.

 

A moto on ne se rend pas bien compte de la connerie des automobilistes, parce que lorsqu’on

rencontre un  connard, hop, un coup de gaz et on le scotch sur place.

 

Mais là, la galère, la peur même, une flopé de conducteurs de lignes droites !

Oui, ceux qui prennent les virages à deux à l’heure et qui, lorsque l’on peut les doubler, accélèrent comme des malades…

 

Hommes, Femmes, jeunes, vieux, une attitude commune :

Si c’est une sportive qui arrive derrière, on laisse passer !

Mais si c’est une bagnole de cylindrée inférieure, alors là, pas question !!!

ON FAIT CHIER, des fois que l’ego en prenne un coup, hein, non mais !

 

Alors prudence sur la route des vacances

 

Et laissez passer ceux qui roulent plus vite que vous

Même si c’est une plus petite caisse que la votre.

 

                                               Ded

6/17/2005

PLAIDOYER POUR LE PET

 

Il semble qu’aujourd’hui il soit de bon ton dans certaines couches de notre société de honnir le pet, de le regarder comme une mission sans intérêt, basse, vulgaire et triviale ; on voit même, dans des familles, des enfants punis pour avoir laissé échapper cette fonction pourtant indispensable à notre organisme.

 

Chez qui trouve-t-on ce réflexe absurde et primaire ? Principalement dans les milieux de la petite et de la grande bourgeoisie, chez les nouveaux riches et les arrivistes, alors qu’il est quasiment absent dans les couches populaires et rurales.

 

Le pet serait-il donc rouge, trotskiste ou communiste ?

 

Non, car le pet est apolitique !

 

Ce pet, que d’aucun dénigrent, est avant tout un signal clair et retentissant d’une bonne santé, car il est le signe avant-coureur d’un relâchement de notre intestin aboutissant à notre défécation quotidienne synonyme d’état physique satisfaisant.

 

Hors du pet, point de salut, donc !

 

Imaginez en effet un seul instant que l’humanité toute entière s’abstienne de péter par la force : nous verrions alors les hôpitaux envahis d’êtres usés par une constipation mortelle, de pauvres corps torturés par des occlusions intestinales sans lendemain, une multiplication affolante des cancers du côlon, et peut-être -j’en frémis rien que d’y penser- l’apparition de nouvelles et incurables maladies dues à la compression du pet ; les populations ainsi décimées et malades ne pourraient plus être protégées faute de personnel soignant, lui aussi atteint par cette abominable anthropocentrisme, et nous pourrions alors, tel Edmond Rostand, parodier une dernière fois Pyrame en nous écriant :

 

“Où est-il donc, ce pet, dont l’absence en son maître

A détruit l’harmonie ? Il en brunit, le traître !”

 

Face le ciel que notre société, dans ses errances, ne nous conduise point à de telles extrémités.

 

Car s’il n’est plus besoin de vous faire la preuve de l’indispensable présence du pet en chacun de nous, je dois aussi rappeler à ceux qui l’auraient oublié que le pet a été glorifié, voire immortalisé par ce génial artiste qu’était le pétomane dont le monde entier a entendu et fredonne encore les douces mélopées.

 

Cessez donc pour toujours de condamner cet indispensable et harmonieux compagnon, aussi important pour notre équilibre et notre entrain quotidien que peuvent l’être nos cinq sens, rendez-lui enfin votre sympathie et n’oubliez jamais que le pet, c’est la santé !

 

 

J-J. G.

5/30/2005

Si j’étais

 

Si j’étais granit : je serais assez solide pour vous soutenir.

 

Si j’étais argile : je serais brique afin de vous abriter.

 

Si j’étais terre : je produirais assez pour vous nourrir.

 

Si j’étais marbre : je serais dalle afin que vos pas ne rencontrent pas d’embûches.

 

Si j’étais sable : je serais filtre afin que l’eau qui me traverse vous abreuve de sa limpidité.

 

Si j’étais diamant : mes mille reflets ne seraient pas là pour vous éblouir, j’aimerais être pulvérisé en mille morceaux afin d’aider à la taille des pierres qui en ont besoin.

 

Si j’étais…

 

 

 

S.V.P. continuez …

 

 

5/29/2005

Père Lachaise

Cet an de grâce 2004 voit se commémorer pléthore d'anniversaires de tous acabits :

On a ainsi eu droit au centenaire de l'Huma, de la FIFA et de l'équipe de France de football, on a célébré le cinquantenaire de la bataille de Dien Bien Phu, le trentenaire de la Présidence de Giscard d'Estaing ainsi que du G.I.G.N. (y a t il là un rapport de cause à effet ?...), on va fêter sous peu le soixantième anniversaire du débarquement des alliés en Normandie, et l'on peut même assister aux deux cents ans de la création, par Napoléon Bonaparte, de la petite ville de La Roche-sur-Yon.

J'ai personnellement choisi de m'attarder sur le bicentenaire du cimetière du Père Lachaise, peut-être parce que je me sens plus à l'aise dans un de ces lieux plutôt que dans un super marché et que chaque monument, si humble ou banal soit-il, a quelque chose à nous apprendre.

En effet, les nécropoles et autres champs de repos s'adressent avant tout aux vivants et ne sont un terme que pour les défunts qui y reposent.

 Or, il faut savoir que le Tout-Paris d'outre-tombe se retrouve dans ce cimetière : et parmi tant d'autres, Balzac, Apollinaire, Musset, Champollion, le baron Haussmann, Antoine Blondin, Edith Piaf, Jim Morrison, Francis Blanche, Victor Hugo, qui écrivait dans "Les Misérables" : "Y être enterré, c'est comme avoir des meubles en acajou: l'élégance se reconnaît là."

Mais il n'en fût pas toujours ainsi, tant s'en faut ; en effet, si on prend le temps de s'intéresser à la riche histoire de ce lieu, on se retrouve au Moyen Age, vers le douzième siècle, ou l'évêque de Paris possède ce qu'on nomme alors "La colline de Champ-l'Evêque" qui deviendra très vite le "Mont aux Vignes" puis "Mont Louis".

Racheté par un riche commerçant en épices, Régnault de Wandonne, ce dernier y fit construire une somptueuse maison de campagne qui héritera rapidement du surnom populaire de "Folie-Régnault"; puis l'ensemble fut acquis par Marie L'Huillier, pour le compte des jésuites. À l'emplacement de l'actuelle chapelle du cimetière, la maison de Régnault fut reconstruite et surélevée de deux étages et Le Père de La Chaise, confesseur de Louis XIV, y posséda un appartement jusqu'à sa mort en 1709.

Successivement le peintre Gratin, puis Jacques Baron possédèrent ce domaine de 17 hectares qui devint finalement la propriété de la Ville de Paris par l'intermédiaire du préfet Frochot.

Ce dernier fit aménager le cimetière par l'architecte Brongniart et l'ouvrit le 1er prairial de l'an XII (soit le 21 mai 1804) et l'appellation administrative officielle de "Cimetière de l'Est" n'a jamais réussi à s'imposer au profit de celle du "Cimetière du Père-Lachaise".

Mais, lors de son ouverture, les Parisiens fortunés, clients potentiels du cimetière réagirent très mal. Il était inconcevable pour eux de se faire enterrer si loin de Paris, surtout à l'est, quartier considéré comme pauvre, populaire et donc "douteux".

C'était un échec : 13 tombes en 1804, 44 en 1805, 49 en 1806, 62 en 1807, et 833 au total en 1812, ce qui était largement insuffisant.

Frochot a alors une idée de génie : en 1817, il fait transférer au Père Lachaise les restes d'Héloïse et Abélard, de Molière et de La Fontaine. Magnifique coup de pub et, à partir de cette date, on se dispute les concessions: 15 000 tombes en 1822, 33 000 en 1830 et, entre 1824 et 1850, le cimetière sera l'objet de cinq agrandissements successifs pour atteindre sa taille actuelle de 44 hectares, soit l'équivalent de la cité du Vatican. En deux siècles, un million de personnes y ont été inhumées et il est devenu une valeur sure du tourisme, aussi prisé que la Tour Eiffel, avec ses 2 millions de visiteurs annuels.

Au fil du temps, les modes ont aussi atteint ce lieu et l'on y découvre dans un désordre plaisant des stèles, des chapelles, des obélisques, des mausolées, des pyramides, des dolmens, des gisants et autres sculptures.

À noter aussi la coutume juive des petits cailloux : beaucoup de monuments consacrés à la Déportation sont décorés de multiples petits cailloux qui ont été déposés soit au pied, soit sur les marches des sculptures ; en effet, les juifs ne déposent pas de fleurs sur les tombes, mais marquent leur passage et leur prière par un petit caillou.

Ce charmant cimetière a aussi été témoin d’événements sanglants:

En mars 1814, une révolte d'étudiants de Polytechnique et de l'école vétérinaire, après l'abdication de Napoléon, fut matée dans lez sang par les troupes russes, et surtout en 1871, pendant la commune, ou les fédérés, encerclés par les versaillais de Thiers d'un côté et les Allemands de l'autre, seront fusillés sur place devant ce mur qui porte aujourd'hui leur nom. Au total, 1018 cadavres seront inhumés, sans la moindre distinction.

Les cimetières sont des labyrinthes prêts à dévorer le temps de ceux qui s'y aventurent sans but précis. On ne vantera jamais assez le plaisir suscité par une déambulation dans ces allées aux enclos romantiques où chaque détour est l'occasion d'une découverte, d'un authentique rêve éveillé où les épitaphes à demi lisibles sur les pierres moussues stimulent l'imaginaire.

Tiré du grec " epi " : sur, et " taphos ": tombe, les épitaphes peuvent être les ultimes messages de morts illustres ou inconnus.  Et elles insistent souvent sur la vanité de toute vie qui n'est finalement qu'un passage et confirment que l'expression "muet comme une tombe" ne se vérifie pas en ces lieux.

Au Père Lachaise, les épitaphes grandiloquentes à la gloire d'hommes célèbres inconnus aujourd'hui, sont légions. Mais, curieusement, les vrais grands hommes, dont la réputation a traversé les siècles, paraissent plus réalistes. William Shakespeare a voulu qu'on grave sur sa tombe : " Ici, il n'y a qu'un tas d'ossements sans importance. Passant, fous le camp ! " Même réalisme pour Paul Claudel: " Ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel. "

L'acteur Noël Noël reprit l'éloge dont le gratifia un critique : "Comme je ne cesse de le répéter depuis dix ans, c'est un des meilleurs comédiens de ce temps!"

Francis Blanche est encore plus explicite: " Laissez-moi dormir, j'étais fait pour ça. "

"Pierre Desproges est mort et enterré ici. Étonnant, non?" nous rappelle Monsieur Cyclopède.

 Enfin de nombreux anonymes portés sur l'humour noir :

-          Attends-moi longtemps!

-          Marie, c'est parce que mes larmes ne te ressusciteront pas que je pleure.

-          Parti sans laisser d'adresse.

-          Elle fit le bonheur de ses trois époux.

-          À mon mari mort après un an de mariage, sa femme reconnaissante.

-          Ci-gît un poète entré sans sonnet

-          À mon épouse: Elle ne voulait que mon bonheur sa mort l'a bien prouvé.

-          Paix à mes cendres : Ne pas éternuer.

-     Jacques de Lorens a fait graver pour son épouse acariâtre:

      Ci-gît ma femme : ! Oh qu'elle est bien pour son repos et pour le mien !

-           Pour un pétomane: Pet à son âme.

-           Sur la tombe d'un dentiste: Ce fut la dernière cavité qu'il a remplie.

      Francis Blanche, encore : A toujours préféré le vin d'ici à l'eau delà.

Et enfin la plus célèbre d'entre elles, celle d'Alfred de Musset qui fit graver sur sa tombe:

 

                                     " Mes chers amis, quand je mourrai

Plantez un saule au cimetière

J'aime son feuillage éploré

La pâleur m'en est douce et chère

Et son ombre sera légère

À la terre où je dormirai "

... On planta donc un saule. L'ennui, c'est que la terre du Père-Lachaise ne convenait pas à cette qualité d'arbre... que l'on remplace cependant consciencieusement depuis.

En somme, à bien y regarder, la mort n'est jamais qu'un ultime déménagement, et il est amusant de noter que pendant toute notre existence nous allons lutter contre cette mort, et qu'une fois passé de l'autre côté, nous continuerons de lutter... contre l'oubli.

 

                                                                                        J.J.G.

 

5/28/2005

TRAVAILLEURS SANS LOGIS

Je vais sans nul doute décevoir les chantres de la laïcité et les pourfendeurs de la religiosité, largement représentés, mais je voudrais aujourd’hui aborder un sujet moins médiatique mais qui nous concerne tous au plus haut point : l’évolution galopante de la précarité.

En France, aujourd'hui, 17,6 % des emplois sont à temps partiel, 4,7 % en CDD et 2,6 % en intérim. Ces pourcentages ont plus que doublé depuis vingt ans. Les deux tiers des postes créés dans le pays sont à temps partiel et essentiellement à des bas salaires. Selon une étude de la section régionale de l'Insee, publiée en septembre 2004, 35 % des sans-domicile-fixe recensés en Ile-de-France ont un emploi.

On connaissait déjà les "nouveaux pauvres", on découvre aujourd'hui : les "travailleurs pauvres", qui n'ont pas de quoi s'offrir un toit.

Rien ne les distingue des noctambules qui rentrent chez eux ; ce sont en apparence des gens ordinaires, à la mise propre, qui semblent simplement attendre quelqu'un ou quelque chose. Nouveaux SDF, ils ont encore la nostalgie de leur studio ou de leur chambre de bonne. Ils ne boivent pas, ne mendient pas, ne touchent pas le RMI – du moins pas encore -, et le clament comme pour mieux conjurer l'idée de descendre cet autre palier.

 Un demi-siècle plus tard, réapparaît donc ce phénomène qui avait révolté l'abbé Pierre à l'hiver 1954: des hommes et des femmes triment sans pouvoir s'offrir en retour un toit et une vie seulement décente. De CDI en CDD, de CDD en temps partiel, de temps partiel en intérim ou en travail au noir, ces individus glissent vers la précarité, vivent de plus en plus sur le fil. Jusqu'à ce jour ou une infortune quelconque - séparation, endettement, maladie - les pousse dans la rue.

Certains, pour donner le change sur leur situation, se font un principe d'inviter leurs enfants au restaurant quand il les retrouve.

Les structures d'accueil, publiques ou associatives, sont saturées La spirale de la précarité ne cesse de happer de nouvelles recrues dans les rangs des salariés. La fatalité des chiffres est là. Les loyers ont augmenté, ces dix dernières années, deux fois plus vite que l'inflation. Les salaires, eux, stagnent.

Parmi ces sans-domicile qui travaillent, un quart dort dans la rue, les trois autres passent d'un hébergement provisoire à l'autre. Et puis il y a tous ceux qui échappent au décompte officiel et notamment les sans-papiers qui travaillent au noir, cibles favorites des marchands de sommeil, garnis et autres bouges qui prospèrent sur la misère humaine.

Que font, que pourraient faire les politiques , devant ce gâchis humain ?

Que pouvons-nous faire nous-même ?

Peut-être commencer par nous sentir un peu plus concernés, un peu plus attentifs, car comme le chante Cabrel :

« Toi, tu envoies 10 Francs pour les enfants du Gange

   Parce que tu as vu des photos qui dérangent,

  Tu envoies 10 francs pour les enfants d’ailleurs

  Parce que tu as vu des photos qui font peur,

  Mais pour celle qui crève en bas de chez toi ? . . . »

Et c’est vrai qu’il est à la fois plus facile et tellement déculpabilisant de céder à la facilité d’envoyer un chèque, en restant bien au chaud devant sa télé.

Loin de moi l’idée de condamner ce geste : il faut le faire, c’est bien et c’est déjà une première aide, mais peut-être,

 pourrions-nous aller parfois un peu plus loin, non ? ...

L’ ETOILE DU BERGER

Quand tu regardes le ciel, le soir, et que le temps est beau, tu vois des milliers d’étoiles qui scintillent, mais l’une d’entre elles est beaucoup plus grosse que les autres et je vais te raconter pourquoi, ma beauté jolie.

Papa et maman Etoile avaient eu beaucoup beaucoup d’enfants, mais la dernière-née était un peu plus chétive que ses sœurs ; elle avait aussi moins d’appétit, donc elle grandissait moins vite.

Les années passèrent et les jeunes étoiles commencèrent à éclairer le ciel, sauf la dernière qui, trop petite bien que du même âge que ses sœurs, n’arrivait pas à faire plus de lumière qu’une bougie ! Imagine ce que tu peux voir d’une bougie à des milliers de kilomètres !

Et ses sœurs se moquaient d’elle en lui disant qu’elle resterait toujours petite, que jamais personne ne la verrait, bref, elles n’étaient pas très gentilles avec la pauvre petite étoile qui partait se cacher pour pleurer.

Un soir ou ses sœurs avaient été particulièrement méchantes, la petite étoile s’en alla en larmes voir le soleil qui était alors en train de dormir puisqu’il faisait nuit : celui-ci, un peu grincheux, fut d’abord fâché d’être réveillé mais, quand il aperçut la pauvre petite étoile toute triste, en sanglots et malheureuse comme il ne l’avait jamais vu, il la réconforta et l’écouta gentiment ; puis il la serra tendrement contre lui avec l’un de ses rayons et la consola en lui disant :

-“Calme toi et écoute bien ce que je vais te dire : je vais te donner un de mes rayons - tu sais qu’ils sont magiques et immortels - aussi grâce à lui tu vas devenir la plus belle étoile de tout le royaume des cieux ; mais cela doit rester pour toujours un secret entre nous deux, promis ?”

La petite étoile promit et aussitôt elle fut enveloppée d’un halo de lumière si puissant qu’on la voyait de loin et de partout ; le soir, elle était la première éclairée, et elle s’éteignait la dernière au petit matin et, grâce à elle, les bateaux ou les avions pouvaient se guider car elle resplendissait comme un phare dans le ciel ; aussi, pour la remercier des services qu’elle leur rendait, les hommes la baptisèrent “l’étoile du berger” car, grâce à elle, ils se sentaient protégés.

Toutes ses sœurs étoiles s’extasiaient devant sa beauté et son éclat, certaines en étaient même un peu jalouses, mais elles ne purent jamais savoir comment cette transformation avait eu lieu car, fidèle à sa promesse, l’étoile du berger ne révéla jamais son secret.

Quant au soleil, il fut très heureux de guérir le chagrin de la petite étoile, lui qui n’avait ni famille ni enfants, et il fut joyeux et rayonnant comme il ne l’avait plus été depuis longtemps pendant de nombreuses journées.

Il y a toujours quelqu’un pour consoler les enfants malheureux, surtout dans les contes.

Dans la vie, c’est une autre histoire . . .

                                                               J.J.G.

 

L’ HISTOIRE  DU  SOLEIL

 

Ma Pauline chérie,

 

Il y a plusieurs années, un chanteur a écrit une jolie chanson qui s’appelle “Le soleil a rendez-vous avec la lune”.

Mais ce chanteur connaissait-il, alors, la véritable histoire du soleil ? Je ne crois pas, et je vais te la raconter, ma douce Paulinette.

 

Il faut d’abord savoir que le soleil est le grand chef de tout ce que tu vois au dessus de ta jolie tête: en effet, c’est lui qui commande au ciel d’être d’un bleu très clair le jour puis noir la nuit afin, comme toi, de pouvoir s’endormir plus facilement.

C’est lui aussi qui dit aux étoiles de s’éclairer quand la soir tombe afin de lui servir de veilleuse au cas ou il aurait envie de se lever au milieu de la nuit ; il commande aussi les nuages, la pluie, la neige, le vent, enfin tous les éléments.

 

Il y a pourtant une seule personne qui a toujours refusé d’obéir au soleil et qui n’en a toujours fait qu’à sa tête : c’est mademoiselle la lune.

Et le soleil en était bien malheureux car il était secrètement très amoureux de la lune et il lui avait de nombreuses fois proposé de l’épouser, mais la lune ne l’écoutait pas.

 

Tout juste lui accordait-elle un rendez-vous, très rarement, en un lieu nommé éclipse que seuls eux deux connaissaient ; dans ce furtif tête à tête, le soleil déclarait à nouveau son amour à la lune et tentait de la convaincre de rester avec lui, ce qui agaçait profondément cette dernière, qui quittait alors éclipse en se moquant un peu du soleil qui restait planté là, seul et malheureux.

 

Il entrait parfois dans de tels gros chagrins que, de rage, il déclenchait le tonnerre, la pluie, des cyclones et des raz de marée, ce qui provoquait alors des catastrophes sur la terre : c’est souvent ainsi quand quelqu’un est très malheureux.

En effet, le soleil aurait tellement souhaité pouvoir être heureux comme ton papa et ta maman, aimer et être aimé, avoir autour de lui toute une ribambelle de petits soleils et de petites lunes, que son chagrin le rendait parfois pas très raisonnable.

 

Un jour, après une nouvelle rencontre avec la lune et un nouveau refus catégorique de celle-ci, le soleil fut très très malheureux : il pleura, il pleura si longtemps et si fort que des trombes d’eau s’abattirent sur la terre ; jamais il n’avait autant plu : les rivières et les lacs débordèrent, la mer monta et la terre entière fut menacée d’une gigantesque inondation ; le soleil était si triste qu’il ne se rendait plus compte de ce qu’il faisait.

 

Seule la vue d’une petite fille et d’un petit garçon jouant dans des mares d’eau le consola car, comme beaucoup de gens qui ne peuvent avoir de famille, le soleil aimait beaucoup les petits enfants.

 

Et c’est à cette époque qu’un certain monsieur nommé Noé battit son arche pour sauver les animaux.

 

Mais ça, c’est une autre histoire...

 

                                                                          J-J-G.

 

 

L A M U S I Q U E

Je ne vais pas vous conter ici l’histoire de la musique, des musiciens ou des instruments de musique : d’autres l’ont déjà fait, et de fort belle manière.

Nous allons d'abord commencer par un petit zeste de théorie à peine scientifique.

La Musique, comme tout phénomène sonore, comporte trois phases : la production, la propagation et la réception du son.

La production est liée au fait qu'un corps, la source sonore, entre en vibration ; la propagation du son depuis la source jusqu'à l'oreille nécessite un milieu matériel, gazeux, liquide ou solide. 

La musique réunit deux éléments, un matériau (la production) constitué par les sons, et une idée organisatrice de ce matériau (la propagation).

Cette distinction permet de bien répartir les domaines de l'activité musicale : d'un côté, la fabrication des sons par les instruments de musique ; de l'autre, des choix et une mise en forme au moyen de la composition, afin que l'audition de la musique s'articule à la fois sur la sensibilité au matériau, domaine de l’émotion, et sur l'intelligence de son organisation, par la perception de ses structures, ce qui définit alors notre troisième phase, la réception. 

Nous allons maintenant tenter de comprendre ce qu’est la musique au niveau de son premier contact avec nos sens et, par là même, notre perception.

Afin d’éviter le piège de la métaphysique, et pour être compris par tous : chrétiens, non chrétiens, agnostiques ou athées convaincus (il paraît qu’il y en a ici !), je vais m’imposer des limites que j’espère ne pas transgresser : ces limites, je veux les placer aussi loin que l’œil humain puisse voir, aussi loin que l’esprit humain puisse concevoir, MAIS PAS PLUS LOIN !

Cette distance étant fixée, imaginez une voûte céleste virtuelle où chacun lit ou déchiffre, parfois péniblement, ses idéaux, ses impératifs, la lumière qui doit éclairer sa vie, enfin en un grand mot, son Dieu, ou plutôt son THEOS (le mot Dieu ayant été bien trop galvaudé).

Qu’est ce Théos au niveau de cette voûte virtuelle ? Est-ce notre propre reflet et cette voûte ne serait-elle alors qu’un miroir à la fois athéiste et spirituel, ou ce Théos est-il la représentation d’une puissance plus élevée, siégeant bien au-delà des limites que nous nous sommes fixés précédemment ?

Ce problème est aussi vieux que l’humanité et il est la démonstration de la faiblesse de la raison humaine, et la devise de Montaigne, le célèbre « Que sais-je ? », prends ici tout son relief. Chacun apportera donc ici sa propre réponse, notre entendement, limité par nos sens charnels, nous restreignant à cette infime partie de l’Univers.

Mais alors, dans ce cas, les existentialistes qui prétendent l’Univers absurde seraient donc sur le point de triompher ? ? ?

Je suis intimement convaincu que cette absurdité n’est qu’apparente : elle est l’infime fraction d’une immense et infinie harmonie existante mais que nos sens et nos esprits humains ne peuvent concevoir, ne pouvant être définie que par des mots qui échappent à notre vocabulaire.

Néanmoins, nous existons à l’intérieur de cet Univers apparemment absurde, et quelque chose en nous s’en révolte car, comme le proclame Spinoza, "… Il existe un droit à l'insurrection quand les hommes vivent dans la servitude " : et cette insurrection, cette révolte nous conduit à deux issues : le désespoir ou l’évasion.

- Le désespoir, c’est la prise de conscience de la vanité réelle des efforts et de la triste condition de l’homme dans la fraction absurde de l’Univers qu’il est condamné à habiter, dominé par la Matière implacable et «multiformes», même les plus apparemment sublimées.

- L’évasion, c’est le mensonge complaisant dont on s’entoure pour se cacher cette triste condition, c’est la fuite vers la voûte céleste virtuelle, notre Théos, qui selon chacun se nommera philosophie, travail, sport extrême, amour de la famille, sentiments humanistes ou politiques, voire divinisation de la Matière (Le veau d’or est toujours debout !…).

Cette évasion qui ne renie pas nos attaches sensorielles se retrouvera alors face à l’Art, qui est une intelligence (au sens le plus élevé du mot) d’impressions sensorielles ordonnées artificiellement et qui inflige, momentanément, un démenti à l’absurdité du monde et, limitant ainsi notre révolte, nous sauve provisoirement du désespoir, l’Art donc, ou plutôt, les Arts, parmi lesquels la musique occupe une place à part.

En effet, la musique est la seule à utiliser des concepts sonores sans rapport direct avec la vie courante : elle est la moins chargée de matière, la plus fluide, la moins formelle, et ne peut se révéler à nous que par le truchement du symbole.

Ce concept sonore est constitué d’un assemblage de sons. Nous avons vu précédemment qu'un corps ne peut émettre un son que s'il vibre. Ces vibrations sont transmises, par l'intermédiaire de l'air, au tympan, qui vibre à son tour et communique ses vibrations à la chaîne des osselets, puis à l'oreille interne, où aboutissent les ramifications du nerf auditif. La musique, ce véhicule de l’âme, contribue ainsi au développement de la science des sons, lesquels se trouvent intimement liés à la sensibilité humaine.

Mais pour accéder à cette panacée, il est une contrainte incontournable que nous devrons nous imposer, voire désirer : la discipline. Cette discipline qui, si elle n’est pas en soi-même génératrice de connaissance, demeure une porte d’accès qu’on ne peut guère se dispenser de franchir. En effet, à l’opposé de la peinture ou de la sculpture qui, œuvres statiques et permanentes, permettent au spectateur de prendre le temps nécessaire à la digestion de ce qu’il admire, la musique est cinétique et fugace, elle exige de son auditeur une concentration sans faille pour jouir pleinement de sa richesse et parvenir à s’imbiber de ce caractère impénétrable provenant de son instantanéité, d’où cet impératif de discipline.

Ayant donc accepté cette obligation, essayons de cerner l'origine de la musique.

On peut affirmer sans se tromper que la première musique incantatoire fut le cri, qui, précédé ou suivi de son élément contraste le silence donne alors naissance au rythme.

Le rythme se modèlera sur les périodicités des manifestations de la vie : la respiration (binaire en éveil, ternaire en sommeil), la marche (danses guerrières), les pulsations sanguines, la joie, la peine.

L’homme, qui a une conscience immédiate de sa vie propre, ressent alors confusément que tout l’Univers doit être animé d’un souffle analogue dont il n’est qu’une parcelle ; c’est pourquoi il tente de communiquer avec ce cosmos par le rythme : avec sa voix (le cri), en tapant sur tout ce qui l’entoure (percussions), avec son corps (la danse). On trouve là un élément de connaissance irrationnel dans cette communion avec le cosmos et son rythme secret. Ces incantations primitives et rituelles prétendent harmoniser les forces régissant ce cosmos avec la vie des hommes, et déjà opposer un démenti à l’absurdité de la vie.

Ces rites visent aussi au phénomène psychophysiologique de l’extase qui, agissant sur l’homme, peut être supposé intervenir aussi sur les forces supérieures et extra humaines du cosmos.

Notez ce détail troublant : chez les indiens navajos, un même vocable désigne le prêtre et le musicien et un même mot représente l’action de chanter et celle de célébrer des rites : c’est la preuve que, chez eux, la musique est considérée comme liée aux forces cosmiques, eux qui, avant le génocide états-uniens perpétuaient cette tradition d’une expression qui a généré des hommes conscients de leur place dans le cosmos, et d’une société qui permettait de vivre pleinement l'harmonie découlant de cette prise de conscience.

Alors si le seul fait d'être humain fait de ces indiens nos Frères, je pense aussi que leur culture et leur héritage spirituel nous les rendent particulièrement proches.

Les musiques rituelles d’Afrique, ce berceau de l’humanité, sont également empreintes de magie et de religion. Véritable émanation d'une société de traditions, la musique africaine va subir par la suite le contact de l'Occident, l'assimiler, s'en enrichir et devenir l'un des chaînons importants de l'art contemporain, mais elle reste bien éloignée de nos chants religieux européens.

En effet, c’est vers l'an 600 que le pape Grégoire le Grand codifiera la liturgie romaine, donnant ainsi son nom au chant grégorien dans lequel on retrouve une autre magie rythmique, celle des Litanies ; mais on y découvre surtout l’unisson qui traduit non seulement l’âme collective, mais aussi cette notion nouvelle alors d’égalité et de fraternité.

En Allemagne, la musique est transformée par un événement capital, la Réforme protestante : Luther est lui-même compositeur, et le choral luthérien, de facture simple, est destiné à être chanté par la foule des fidèles.

Sous la poussée de l’église catholique, on va délibérément écarter le troubadour et surtout, rejeter tout ce qui, dans la musique, peut rappeler le dionysisme de la danse, c’est-à-dire l’intensité du rythme ; on va alors rencontrer toute une symbolique et un ésotérisme liant les sentiments et les aspirations de l’homme via divers modes musicaux, voire de véritables figures allégoriques.

Aux rythmes envoûtants se substitue alors une souple succession de valeurs de durée basées sur le vocable et la respiration : ainsi naquit la mélodie. Ces fluides mélodies de l’ère grégorienne, qui nous paraissent empreintes de spiritualité et qui vont tenter, sans y parvenir, d’imposer la prédominance du spirituel sur la matière, par l’abandon de « la tyrannie du rythme ».

Aussi, succombons au bonheur d’écouter ces chants merveilleux par leur simplicité, leur pureté, laissons nous aller à ce plaisir, et s’il y a alors joie profonde, c’est bien la preuve que ce procédé d’évasion a réussi en annihilant momentanément les angoisses inhérentes à la vie.

Mais les autres continents possèdent aussi leurs merveilles :

L’Inde avec les RAGAS, d’une grande pureté et constamment en liaison avec le panthéon surpeuplé du ciel indien.

L’Asie, et notamment la Chine, qui a depuis longtemps découvert les relations harmoniques entre les sons, et où les valeurs musicales fondamentales représentent chacune un élément principal de la société (l’empereur, le palais, l’homme …).

Kong Zi, plus connu sous le patronyme de Confucius, humaniste avant l'heure et lui même passionné par la musique, a ainsi défini le rôle de celle-ci, en écrivant dans le Li-Ki (mémorial des rites) :

« Si la musique est bonne, le cœur sera pur.

Si le cœur est pur, les lois seront équitables.

Si la justice est équitable, les hommes seront heureux

Et l’Empire vivra dans la paix. »

Ce sacré philosophe avait vraiment bien compris l’importance de la musique dans la bonne marche de notre humanité !

Avec l’arrivée de l’Humanisme, l'attitude nouvelle que l'homme adopte envers lui-même est la clef tant de la prodigieuse efflorescence culturelle à travers laquelle la civilisation occidentale reprend sa marche que des bouleversements politiques et religieux qui en furent la toile de fond. On réalise alors que les faiblesses de l’esprit humain nous rendent la vie moins désespérante en découvrant que tout ce qui est réel n’est pas forcément rationnel, et Erasme a, pour nous, les vertus d’un antidépresseur quand il écrit : « Avec quelle singulière sollicitude la Nature a créé toutes choses égales au sein d’une infinie diversité » ... ou encore ... « qu’il n’est point d’art sortant de l’ordinaire dont (la folie) n’ait patronné l’invention ».

C’est à cette période que Galilée, puis Bacon définissent les bases du phénomène de la vibration sonore, que Gassendi relie la hauteur des sons à la fréquence des vibrations et que Mersenne détermine la valeur des intervalles musicaux.

Et en Europe, à partir de la Renaissance, période où la Pléiade va enluminer les lettres, on va découvrir une musique libérée des contingences religieuses, une musique inspirée d’un sentiment certes orthodoxe mais d’une profondeur incertaine, une musique de plaisir social et mondain, composée à la demande (voire aux ordres) des potentats du moment et obligée de rechercher le succès et de satisfaire les besoins les plus superficiels du public, tels les bals, ballets, odes, comédies-ballets, opéras, puis symphonies, concertos, sonates, études, toutes formes où le compositeur va exprimer ses sentiments par ce merveilleux moyen de communication.

Et cela va aller en s’accentuant, jusqu’aux Romantiques qui prônent le culte du moi, analysant les diverses facettes de sa propre personnalité, et recherchant l'évasion dans le rêve, dans l'exotisme (l'Orient) ou le passé (le Moyen Âge chrétien), tout en exaltant le goût du mystère et du fantastique. Avec le Romantisme naît « le leitmotiv », considéré comme porteur d'une idée, d'un concept, d'une identité. L'œuvre tendant à être unique, elle se veut donc plus dense, plus longue, plus méditée.  Le leitmotiv sera largement utilisé par Richard Wagner évoluant vers une conception du drame qu'il veut art total, synthèse de la poésie, de la musique, de la danse et de la mise en scène ; il fait alors de l'opéra une initiation solennelle et sacrée au service du génie allemand. La règle d’or devient pour les créateurs de la seconde moitié du 19ème siècle de faire voler en éclats toutes les coutumes, tous les tabous et ceci n’est pas sans annoncer l’expressionnisme, cette exacerbation de tous les paramètres du langage musical qui se traduira par une prise de possession de l'univers des sons faisant ainsi éclater les cadres accoutumés de l'œuvre.

« Ah ! Frappe-Toi le cœur, c’est là qu’est le génie ! » ont-ils crié, ces Romantiques, car l’expression artistique fut toujours un cri... et peut-être certains se sont-ils rappelé cette merveilleuse phrase de Pascal : « nous connaissons la vérité non seulement par la raison, mais aussi par le cœur ».  Mais s’il suffisait d’avoir du cœur pour avoir du génie . . .

Ce souffle génial, grandiose, intimiste ou raffiné, de nombreux compositeurs vont pourtant nous l’insuffler par leurs créations : Bach, Mozart, Beethoven, Mahler, Chopin, Schumann, Schubert, Debussy, Fauré, Richard Strauss, Poulenc, Moussorgski, Stravinsky, Ravel, Bartok et tant d’autres encore, moins connus du grand public. Merci à eux d’avoir réussi à mettre en pratique cette remarquable phrase de Villiers de l’Isle Adam :

« Je n’enseigne pas, j’éveille … ».

Un ami guitariste me tiendrait peut-être rigueur de vous parler de la musique sans citer le jazz, cette forme musicale populaire issue de la rencontre de divers éléments, les uns venant du folklore négro-américain d'inspiration africaine (blues, chants de travail, gospel), les autres, de la musique européenne (marches, musiques militaires, danses de salon). D'une certaine façon, l'église et la maison close auront été les berceaux de cette culture, et l'auront marquée de leurs caractéristiques respectives de ferveur et de sensualité, d'aspiration spirituelle et de réalisme existentiel.

Mais le compositeur dans tout ça ? Il s’interroge et doit sans cesse se remettre en question, car l’aboutissement d’une œuvre relève bien souvent d’un accident : c’est le fruit d’innombrables erreurs, de ratures, de reculs, d’hésitations, mais aussi de peut-être, de pourquoi-pas, de qu’en dira-t-on, d’influences multiples et diverses pour les sons, les timbres, les tempi … : Que d’écueils cernent ce pauvre inventeur qui ne saurait découvrir un univers nouveau sans heurts et sans erreurs !

On a maintes fois répété que la musique était une science tout autant qu’un art : qui saurait fondre ces deux entités en un même creuset sinon l’IMAGINATION, cette reine des Facultés ?

Quand à l’auditeur, ce véritable amoureux de l’art, il doit aussi rester vigilant : il ne doit pas se circonscrire aux limites de l’imagination de l’auteur mais donner libre cours à sa propre imagination. En effet un auteur, aussi perspicace soit-il, ne peut percevoir toutes les conséquences de ce qu’il écrit et chaque auditeur, par sa personnalité propre, sa sensibilité, prendra inconsciemment en main sa perception unique d’une composition musicale, et par là même, sa propre jouissance : « Allez jusqu’à la chair nue de l’émotion » disait Debussy.

Et les moments que nous passons alors à nous enrichir à l’écoute de ces œuvres, les échos de leurs accords, de leurs mélodies, de leurs rêveries, ne nous aident-ils pas à progresser dans la connaissance de nous-même et, nous élevant au-dessus de la simple humanité, nous permettent d’atteindre une conception sublimée de ce mot, humanité, et de tout ce qu’il représente, en direction d’un monde transcendantal, puisque l'artiste, fidèle à la mission qui lui est assignée de transcender la raison et les sens de l'homme en les accordant au rythme de l'Univers, a débouché fatalement sur le Nombre d'Or.

Et l’on en vient alors à penser à ce principe diaphane des alchimistes énoncé par Paracelse : « Un est dans tout et tout est en Un ». Dans une symphonie, il n’y a plus qu’un ensemble orchestral : l’homme a disparu !

L’alchimie proposée alors est celle de l’ensemble de l’espèce humaine et cet équilibre parfait, ce nombre d’or auquel on arrive enfin inflige le plus beau démenti à l’absurdité de la vie.

On croit alors espérer toucher l’harmonie dans notre monde en pleine fermentation, cette harmonie que nous recherchons tous hors des limites de l’angoisse mais qui, telle l’initiation maçonnique, n’est jamais acquise et reste tout juste une étape dans notre quête sans fin, avec cette certitude Platonicienne que « le Vrai, le Beau, le Bien sont des réalités transcendantes vers lesquelles le meilleur emploi de notre existence est de faire retour, par la recherche du savoir vrai, rationnel et l'interrogation sur nos devoirs moraux ».

La quête du savoir ne vaut donc que parce que le Vrai est soumis à un principe suprême : le Bien.

Et l’histoire de la musique, cette musique dont Stravinski se plaît à dire qu’elle est « destinée à instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre l'homme et le temps », c’est en filigrane l’histoire de l’espèce humaine, cette espèce « qui ne voit bien qu’avec le cœur », pour qui « l’essentiel est invisible pour les yeux » MAIS QUI NE LE SAIT PAS !… Et qui est condamnée à disparaître dans un avenir proche.

Puissent ceux qui auront le plus adoré la musique être conduit par elle, sans heurts, jusqu’à ce point où il en sera fini avec notre monde absurde, et où, dans la terre, la mer ou le feu, cette absurdité n’aura pour notre cœur et notre esprit absolument plus aucun sens. Ceux-là auront compris, alors, que la musique était indispensable à l’immense harmonie universelle, et ils pourront entrevoir les confins d’un monde idéal, celui que nous dépeignait le grand poète indien Rabindranath Tagore superbement traduit par André Gide :

« …    Le temps n’est plus où j’aimais me sentir porté de havre en havre,

            Le temps n’est plus où je mettais ma joie à me sentir ballotté par les flots,

Et maintenant j’aspire à mourir dans ce qui est sans mort.

Dans l’abîme sans fond d’où émane une musique sans note je saisirai la harpe de ma vie,

Je t’accorderai selon le mode de l’Eternel, Harpe, et quand aura vibré ton suprême sanglot, auprès du Silencieux, je te reposerai, silencieuse. »

 

                                                                                      J-J-G.

 

Bibliographie :

Claude Barousse

Jean-Pierre Bayard

Pierre Boulez

Confucius

Erasme

André Lhéry

Raymond Mille

Blaise Pascal

Platon

Antoine de Saint Exupéry

Rabindranath Tagore

Encyclopédie Larousse

 

 

Question 3

Pour vous : Qu’est-ce que la réussite ?

 

(Merci de vos réponses)

Question 2

Pour vous : Qu’est-ce que le bonheur ?

 

(Merci de vos réponses)

Question 1

D’après vous : La fausse modestie est t’elle une forme de vanité ?

 

(Merci de vos réponses)

5/25/2005

Gazzz ou Le Plaisir De Vivre

 

Je ne vous ferai pas l’affront de vous faire croire que ma vie est sans problèmes.

 

Si ma vie était toute rose je crois que je m’ennuierai.

 

Les problèmes qui ont jalonnés ma vie je les ai oubliés, il n’ont fait qu’exacerber ma sensibilité, ce qui me permet d’apprécier chaque moment.

 

Les pierres ramassées sur le chemin de ma vie je les ai taillées pour en faire une construction solide.

 

MERCI à tous pour vos visites et commentaires.

 

5/21/2005

« Y a-t-il une limite à la liberté d’expression » ?

Le philosophe a dit : « laissez dire tout et n’importe quoi, ça permettra de reconnaître les imbéciles ».

 

"Qu’est ce que la liberté d’expression ?" Est-ce la façon de s’exprimer objectivement, d’une manière juste et impartiale ? Certes ! Mais cette approche est réductrice.

 

Certains diront que les mots forgent la pensée. D’autres pensent que c’est la pensée qui précède. Quel que soit l’angle avec lequel nous visualisons les limites de la liberté d’expression, il faudra adapter son langage à l’autre, rendre les propos compréhensibles par l’autre. Penser est une chose, exprimer ses idées en est une autre… L’action va d’un émetteur vers un récepteur, les distorsions de compréhension sont nombreuses dans ce voyage des idées. Il faudra être précis, afin d’escompter être entendu. Être compris…, c’est une autre affaire. Faut-il trouver les limites de cet échange, pour respecter la liberté de penser d’autrui ?

 

Peut-on s’exprimer sans réserve à partir du moment où l’on reste dans la « bienséance »? Non plus. Suffit-il d’éviter l’outrage, la mauvaise foi, l’insulte ? La grossièreté n’est pas forcément à exclure, si elle permet la réflexion positive, des échanges francs.

 

Notre liberté d’expression s’exprime dans les limites d’un cadre légal. Dans notre République nous avons une Constitution, les Droits de l’Homme y sont mentionnés. Elle nous engage à respecter l’Autre car nous sommes tous égaux devant la loi, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs.

 

La liberté d’expression a des limites qui s‘inscrivent dans le respect de la personne humaine, et des codes inspirés par notre mode de fonctionnement en collectivité. Certes, nous ne pouvons pas encourager la polémique malsaine, ou l’agressivité envers l’autre. Par contre, nous nous devons d’afficher notre liberté de dire ce que nous pensons, parce que nous sommes des Hommes ! Mais dans la mesure où cette liberté n’atteint pas l’honneur de celui à qui nous nous adressons, où celui auquel nous faisons référence. La loi l’impose à notre sagacité, c’est le seul moyen que nous avons pour contraindre les débordements de l’expression. Cependant, pour être accepté, la manière d’organiser un débat demande un minimum de forme et de règles.

 

La liberté d’expression est universelle car la culture ou les traditions d’un peuple ne peuvent justifier l’arbitraire, l’exclusion.

 

La liberté d’expression autorise-t-elle certaines formes de provocation ? Celle-ci est à double tranchant. Elle peut encourager la franchise, susciter une expression libre. Dans un débat, cette technique dynamise les propos. Elle provoque les interlocuteurs dans leurs derniers retranchements.

 

Mais la provocation est utilisée aussi par principe, pour s’attirer des sympathies malsaines, envoyer des messages codés, réitérer des pensées nauséabondes. Certains partis politiques provoquent les limites de la liberté d’expression, en niant certaines réalités, uniquement pour « faire parler d’eux », en développant - à mots couverts- des propos répréhensibles par la loi. Placer discrètement dans un discours universitaire ou politique, que les chambres à gaz n’auraient pas tué autant de juifs que l’on veut bien le dire, relève de l’outrage à l‘Histoire et à la mémoire d‘un peuple meurtri, et tombe sous la coupe de la loi. Les limites sont franchies. C’est inacceptable.

 

Prudence également, à ne pas tomber dans l’excès inverse, où l’on ne peut plus s’exprimer sans tomber dans la suspicion. Par démagogie, à propos de sujets « dit » sensibles, il est facile de coller des étiquettes sur un discours, afin de le censurer. L’humour permet-il de tout dire ? Pierre Desproges disait : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ! ». La liberté d’expression ne doit pas emprisonner la liberté de pensée (de l’autre). Il faut rester accessible et tolérant, pour ne pas tomber dans la tyrannie idéologique.

 

 Il faut être vigilant.  Nous devons montrer l’exemple. Respecter certaines règles dans la prise de parole. Elles encouragent le respect des limites dans la liberté d’expression, pourquoi ne pas les appliquer ? Ainsi, même si nous sommes capables de faire des nuances dans nos comportements verbaux, nous devons nous autocensurer afin que nos propos aient des conséquences positives.

 

Soyons tolérants avec la compréhension d’autrui. Tous les messages ne sont pas forcement perceptibles par tout le monde. Il existe différents niveaux de lecture et différents types d’esprits, plus ou moins ouverts.

 

L’art et les disciplines artistiques semblent apparemment moins touchés par la censure ou l’autocensure mais méfions nous des apparences car les premières actions des dictatures et des dogmatismes sont toujours les mises à l’index, les autodafés, la désignation des boucs émissaires.

 

Dans la vie la liberté d’expression, ou plutôt sa réalité, varie en fonction du milieu ou elle s’exprime : avec des amis, en famille, à la radio, à la TV, etc.… Elle peut également varier en fonction des sujets abordés. Dans ces circonstances également, l’autocensure existe aussi. Il arrive même que nous n’osions pas développer telle ou telle idée. Cette limitation est liée au milieu socioculturel. La limitation se fait d’elle même, appauvrissant le fond des propos. En fait la liberté d’expression est à la fois régulée et alimentée  par la vie en société.

 

Quelle est la nuance, la différence, entre liberté d’expression et liberté de penser ? L’argumentation de ma liberté de penser s’arrête lorsque ta conviction l’emporte sur la mienne qui a évoluée. La contradiction m’enrichit et la contradiction t’enrichit.

 

La liberté d’expression est cadrée mais l’idéal d’un mode de penser intelligent se trouve dans la compréhension des limites à cette liberté fondamentale. Réussir à faire « passer » ses idées, en respectant des limites qui incitent à l’enrichissement des échanges, c’est chercher à rencontrer l’autre, à aller vers l’autre, plutôt que de s’imposer.

 

Les limites à la liberté d’expression sont fixées par les règles de la démocratie, par la citoyenneté et l’implication dans la société des individus.

 

 

 

5/17/2005

Article du Dauphiné Libéré du 28 Avril 2005

 

Les salariés sans patrimoine en mal de pouvoir d’achat

 

Une étude de Cerc-Association souligne que leur condition salariale est aujourd’hui comparable à ce quelle était il y a 50 ans

 

Vivre de son seul salaire devient très difficile

 

Le niveau de vie des ménages dont le salaire est le seul revenu s’est effondré depuis 20 ans par rapport à ceux disposant d’un patrimoine, affirme une étude de Cerc-Assiciation, selon laquelle la « condition salariale  » est aujourd’hui comparable à ce quelle était il y a un demi-siècle. Depuis 25 ans, la structure du revenu disponible des ménages s’est considérablement «  déformée », souligne une note de Connaissance de l’emploi, des revenus et des coûts (Cerc-Association) publiée hier. « Les récentes revendications salariales ne sont donc pas le fruit d’une illusion d’optique liée à l’annonce de profits boursiers records » mais traduisent  «  la chute considérable de la part des revenus nets d’activité dans le revenu total des ménages », affirme l’auteur de l’étude, Pierre Concialdi, économiste à l’Ires (institut de recherches économiques et sociales). Entre 1978 et 2003, la part de ces revenus a ainsi diminué de plus de 14 points, passant de 67 % du revenu total des ménages à 57 %. Selon lui, cette chute s’explique principalement par la stagnation du pouvoir d’achat des salaires depuis 25 ans.

Depuis la fin des années 70, les gains de pouvoir d’achat sont en effet restés «  minimes », « de l’ordre de 0,2 à 0,3 % » pas ans, soit un chiffre « très largement inférieur à l’évolution du niveau de vie moyen en France ». Cette atonie du pouvoir d’achat du salaire net moyen est « d’autant plus remarquable » que le niveau moyen de qualification de la main d’œuvre salariée n’a pas cessé d’augmenter tout au long de la période.

« A structure de qualification constante, le salaire net moyen a connu une perte de pouvoir d’achat comprise entre 4 et 8 % depuis 1978 » et cette détérioration a touché tous les salariés, qu’ils travaillent dans le secteur public ou dans le secteur privé, souligne l’étude. D’après l’étude, la stagnation des salaires nets reflète en partie la montée des prélèvements sociaux (cotisation sociales et CSG), mais cette hausse n’est plus compensée par l’évolution des prestations sociales perçues par les ménages.

Depuis 1993, la part des prestations sociales dans le revenu des ménages a en effet diminué, alors que la part des revenus de la propriété dans le revenu disponible est passée de 10,9 % en 1978 à  19,1 % en 2003.

« L’envolée des revenus du patrimoine » a creusé l’écart entre salariés, ceux disposant d’un patrimoine  ayant « pu amortir, dans une certaine mesure, la modération salariale », alors que les autres ont vu leurs conditions de vie se dégrader. Au total, le niveau de vie relatif des ménages dont le revenu est uniquement composé de salaires et de prestations sociales (hors retraites)  a « fortement chuté » depuis 1982, selon l’auteur. Très rapide dans la première moitié des  années 1990, elle a marqué une pause à partir de 1997 avant de reprendre en 2002 et 2003, détaille-t-il.

5/15/2005

Le silence

 

« Si ce que tu vas dire n’est pas plus beau que le Silence, alors tais-toi ! »

 

« Au commencement était le Silence.

Pas le Silence que nous croyons connaître, mais un Silence tout autre.

C’était l’époque d’avant la guerre des mots.

Il y a très longtemps les poètes habitaient une planète très loin de la nôtre.

En ce temps-là les hommes étaient heureux pour la bonne et excellente raison

qu’il n’y avait pas de mots.

Tous les mots se trouvaient parqués sur la planète des poètes, et les poètes étaient les gardiens des mots.

De GRANDS troupeaux de mots. 

N’usant point de mots, les hommes n’avaient pas encore découvert le mensonge.  Ils avaient un langage fait de nuances et d’amour dans les yeux et de caresses avec les mains et de bien d’autres choses aujourd’hui oubliées.  Mais il faut bien que les choses se fassent.

Une nuit, les poètes relâchèrent quelque peu leur surveillance, et quelques mots s’échappèrent.

Ils eurent vite fait de délivrer d’autres mots et, de peur d’être repris, ils quittèrent la planète et s’en furent à la recherche d’un autre lieu où poser leur vacarme.

Ce fut la Terre.

Alors partout où il y avait des hommes, les mots allaient de bouche à oreille, et, de malentendus en mots trop durs, les hommes tombèrent en leur pouvoir.  Et un jour, un homme prononça un mot si terrible qu’il appela tout de suite la réponse d’un mot plus terrible encore.

Et ce ne fut plus qu’un horrible Silence peuplé de la fureur et du bruit des mots.

Heureusement les poètes enquêtaient et après une recherche difficile, ils découvrirent la terre et son triste spectacle.

Une armée de poètes débarqua alors sur la terre.  Mais les mots avaient changé et il n’était plus question de composer avec eux.

Alors les poètes, qui ont des trésors d’imagination, inventèrent l’écriture.  Au début, les mots trouvèrent cela flatteur, et tous voulurent avoir leur portrait dans les livres.

Alors les poètes sortirent de leurs inventions l’orthographe, la grammaire, le pluriel, le singulier, l’imparfait du subjonctif, et même l’accord du participe. Bientôt, les règles furent si nombreuses que les mots en perdaient leur latin (qui n’était pas encore inventé...).

Les poètes trouvèrent alors le masculin, le féminin, la musique, et ainsi des milliers de prisons transparentes pour enfermer les mots.  Le vacarme s’apaisait enfin sur terre, et les poètes apprirent alors aux hommes à mieux se servir des mots.

Ils leur racontèrent des histoires où les mots étaient si bien apprivoisés que c’était un plaisir de les entendre.

Puis ils firent venir d’autres mots qu’ils tenaient en réserve. Des mots doux comme des caresses, et légers comme des soupirs d’enfant.  Et un jour, après de longs siècles, un homme écrivit une histoire, un autre, une chanson, un troisième parla si bien d’ amour qu’on vit une larme poindre aux yeux d’une femme...

Les poètes comprirent alors que leur travail était terminé. Ils donnèrent aux hommes l’ultime rempart contre les mots : ils leur rappelèrent le Silence et, discrètement, ils s’en retournèrent chez eux ».

 

                                                                             J.J. G.

 

 

 

5/2/2005

Photos

 

 

Quelques photos de balades, juste pour le plaisir !

 

 

 

 

ded gil

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Interests
Je suis petit, moche, con et de plus je n’ai pas de fric !!!...(Rires)
Si ce que tu vas dire n'est pas plus beau que le Silence,alors tais-toi !